Le cacao ivoirien est à la croisée des chemins. À quelques mois d’une réglementation européenne qui va tout changer, le Conseil du Café-Cacao sort de sa réserve et répond à ceux qui tentent de saboter une réforme vitale pour toute l’économie nationale. Le message est clair : il n’y aura pas de retour en arrière.
Une réforme vitale pour l’économie ivoirienne
Le chiffre donne le vertige. Le cacao représente 15 % du PIB de la Côte d’Ivoire et 40 % de ses recettes d’exportations. Et 70 % de ce cacao part directement vers l’Europe. Autrement dit, ce que décide Bruxelles sur le cacao ivoirien, c’est toute l’économie du pays qui en ressent les effets.
Or, à partir du 1er janvier 2027, une nouvelle réglementation européenne sur la déforestation entrera en vigueur. Elle imposera à tous les exportateurs de fournir un cacao tracé, certifié et durable. Sans cela, plus d’accès au marché européen. Un couperet que la Côte d’Ivoire ne peut pas se permettre d’ignorer.
Le Système National de Traçabilité : une réponse ivoirienne souveraine
Pour répondre à ce défi colossal, le Conseil du Café-Cacao a élaboré le Système National de Traçabilité (SNT), combiné à la norme ARS 1000, un dispositif de certification rigoureux qui permet de garantir l’origine et la durabilité du cacao ivoirien exporté.
Depuis le 1er septembre 2026, date d’ouverture de la campagne de commercialisation 2026-2027, le SNT est officiellement opérationnel avec l’utilisation obligatoire de la carte du producteur. Et selon le Conseil du Café-Cacao, le dispositif fonctionne parfaitement.
Ce système est bien plus qu’un simple outil administratif. C’est un bouclier économique qui vise à combattre les circuits frauduleux de commercialisation échappant aux mécanismes de contrôle, tout en garantissant la conformité du cacao ivoirien aux exigences du marché international.
Un syndicaliste dans le viseur du Conseil
Mais alors que toute la filière devrait être mobilisée pour la réussite de cette réforme, une voix discordante se fait entendre. Le président du syndicat de producteurs de cacao SYNAPCI, M. Koné Moussa, tente depuis quelques jours de dénoncer de soi-disant dysfonctionnements du SNT, mettant en cause la fiabilité du système.
Le Conseil du Café-Cacao ne mâche pas ses mots pour répondre. Ces déclarations sont qualifiées d’« irresponsables », et pour cause. Ce n’est pas la première fois que M. Koné Moussa agite le secteur avec des affirmations non fondées. En décembre 2025, il avait été le seul à déclarer l’existence de 700 000 tonnes de cacao disponibles sur toute l’étendue du territoire, une annonce qui avait eu pour effet de faire s’effondrer les cours mondiaux du cacao sur le marché international, alors qu’il n’en était rien.
Des déclarations qui, au-delà de la polémique, font peser un risque réel sur les revenus de millions de producteurs ivoiriens.
Le message du Conseil du Café-Cacao : pas de retour en arrière
Face à ces tentatives de déstabilisation, le Conseil du Café-Cacao est on ne peut plus ferme. Le SNT étant désormais pleinement opérationnel, il n’y aura pas de retour en arrière. La traçabilité n’est pas une option, c’est l’avenir de toute la filière café-cacao ivoirienne.
Le Conseil appelle par conséquent tous les acteurs de la chaîne de valeur du secteur cacao à s’impliquer et à s’engager pour la réussite du Système National de Traçabilité, dont l’objectif principal est de maintenir les exportations de fèves de cacao d’origine ivoirienne sur le territoire européen, conformément au règlement sur la durabilité.
Ce qui se joue vraiment
Derrière cette bataille de communiqués, c’est l’avenir de toute une filière qui est en jeu. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, n’a pas le droit à l’erreur. Si le pays échoue à répondre aux exigences européennes d’ici janvier 2027, ce sont des milliards de FCFA de recettes d’exportations qui pourraient être compromis, et avec eux, le revenu de centaines de milliers de familles de producteurs à travers tout le pays.
La traçabilité du cacao ivoirien n’est donc pas un débat technique. C’est une question de survie économique nationale.




