Le couperet judiciaire est tombé ! En Côte d’Ivoire, une affaire de fraude fiscale présumée d’une ampleur exceptionnelle secoue actuellement le secteur des agences de voyages. Le Parquet du Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF) d’Abidjan a requis, ce mercredi 17 juin 2026, cinq ans de prison ferme contre cinq dirigeants indiens à la tête de plusieurs agences de voyages opérant dans le pays.
Ces responsables sont poursuivis pour fraude fiscale et violation de la réglementation des relations financières des États de l’UEMOA, des accusations particulièrement lourdes au regard des montants en jeu.
Selon les éléments révélés à l’audience, l’affaire remonte à un courrier daté du 26 décembre 2024, par lequel l’Agent judiciaire de l’État ivoirien a saisi le PPEF pour dénoncer une dissimulation de profits au sein de plusieurs agences de voyages, filiales de multinationales à capitaux indiens.
Les sociétés visées sont : Waheguru Travels, Anil Travel Tour, Satiguru Services SARL, Metroways Voyages et Tourisme, OMED Travels Tour et Blueberry Travel.
D’après les investigations, ces entreprises auraient mis en place un système sophistiqué pour cacher une partie importante de leurs revenus, en ne déclarant officiellement que leurs commissions, tout en dissimulant les recettes réelles liées à la vente des billets d’avion.
Plus grave encore, elles auraient utilisé une double comptabilité et procédé à des transferts illicites de fonds vers l’étranger, contournant ainsi les règles financières en vigueur dans l’espace UEMOA.
Le redressement fiscal total est estimé à 5,8 milliards FCFA, mais le préjudice global pourrait être bien plus lourd. Les autorités ivoiriennes affirment avoir découvert 21 milliards FCFA au cours des investigations, des fonds qui correspondraient directement aux ventes de billets.
Selon l’accusation, les dirigeants n’ont pas réussi à démontrer de manière convaincante que ces flux financiers étaient légalement destinés à l’IATA (Association du transport aérien international), un élément qui renforcerait la thèse de la fraude.
Face à l’ampleur des faits présumés, l’État ivoirien réclame 10 milliards FCFA de dommages et intérêts pour réparer le préjudice fiscal subi.
Le procureur est allé encore plus loin en requérant :
- 5 ans de prison ferme pour chacun des dirigeants
- 5 milliards FCFA d’amende à payer solidairement
- 65 milliards FCFA à payer solidairement par les sociétés concernées
Cette affaire, qui met en lumière de possibles circuits financiers occultes et des mécanismes de fraude transnationale, pourrait marquer un tournant majeur dans la lutte contre l’évasion fiscale en Côte d’Ivoire.
Affaire à suivre…



