Dormir à l’hôtel en Côte d’Ivoire connaîtra bientôt un nouveau prix à payer. À travers l’Annexe fiscale 2026, le gouvernement ivoirien introduit une taxe communale de nuitée, comprise entre 500 et 2.000 FCFA, applicable à toute nuit passée dans un hôtel ou une résidence meublée sur l’ensemble du territoire national.
🎯 Objectif affiché : renforcer les ressources des collectivités territoriales, confrontées à l’élargissement de leurs compétences et à la hausse de leurs charges, tout en captant une partie de la valeur générée par le secteur touristique et hôtelier.
🏨 Une taxe progressive selon le standing
Pour les établissements hôteliers, la contribution est proportionnelle au niveau de confort :
500 FCFA par nuitée dans les hôtels sans étoile
1.000 FCFA dans les hôtels 1 étoile
1.500 FCFA dans les hôtels 2 étoiles
2.000 FCFA dans les hôtels 3 étoiles et plus
Cette progressivité vise à instaurer une contribution équitable, adaptée au pouvoir contributif de la clientèle.
🏠 Résidences meublées : une taxe ajustée au territoire
Pour les résidences meublées, le montant dépend de la taille démographique :
500 FCFA dans les communes de 20.000 habitants ou moins
1.000 FCFA dans les communes de plus de 20.000 habitants et dans le District autonome d’Abidjan
500 FCFA dans le District autonome de Yamoussoukro
300 FCFA dans les zones situées hors périmètres communaux
Une différenciation qui traduit la volonté de l’État d’adapter la pression fiscale aux réalités économiques et démographiques locales.
📈 Au-delà de l’hôtel : des collectivités mieux armées
L’Annexe fiscale 2026 ne s’arrête pas là. La taxe de développement régional, jusque-là réservée aux régions, pourra désormais être perçue aussi par les districts autonomes, renforçant leur autonomie financière.
Autre mesure clé : le fonds d’investissement des collectivités territoriales est renforcé.
Pour les communes, le taux de versement est relevé de 5 points, avec un plancher fixé à 3,5 milliards FCFA pour les communes percevant au moins 8 milliards FCFA de rétrocessions fiscales.
Les régions devront consacrer 20 % de leurs recettes à leur fonds d’investissement.
Les districts autonomes, 15 %.
Ces ressources permettront de financer durablement des projets structurants : aménagement urbain, infrastructures, assainissement, équipements sociaux.
🇨🇮 Une fiscalité au service du développement local
Pris dans leur ensemble, ces ajustements traduisent la volonté de l’État ivoirien de consolider la décentralisation financière. En s’appuyant sur l’activité économique réelle — notamment le tourisme — et en sécurisant les investissements locaux, l’Annexe fiscale 2026 positionne la fiscalité territoriale comme un levier central de développement.
👉 Dormir à l’hôtel coûtera un peu plus cher, mais c’est pour bâtir des communes plus fortes, plus autonomes et plus attractives.




