La dynamique ivoirienne continue de séduire les marchés internationaux. Le pays affiche un risque de défaut jugé modéré et dispose aujourd’hui de la signature de crédit la plus solide d’Afrique subsaharienne, selon l’agence de notation Fitch Ratings.
Le 18 février, la Côte d’Ivoire a levé 1,3 milliard de dollars sur quinze ans via un eurobond. L’opération, bien que classique dans son principe, s’est distinguée par son ampleur et l’engouement qu’elle a suscité : près de 270 investisseurs y ont participé. Le taux final de 5,39 % figure parmi les plus compétitifs enregistrés en Afrique subsaharienne ces cinq dernières années.
Les ressources mobilisées contribueront au financement du budget 2026, estimé à environ 26,5 milliards d’euros, en hausse de 13,1 % par rapport à l’exercice précédent. Malgré une progression notable des recettes fiscales — passées d’environ 4,5 milliards d’euros en 2015 à plus de 12,3 milliards en 2025 — celles-ci restent insuffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins de l’État, dont le déficit est attendu autour de 3 % cette année.
Avec une croissance projetée à 6,5 % du PIB en 2025 et 6,7 % en 2026, la Côte d’Ivoire demeure l’une des économies les plus dynamiques de la région. La dette publique, contenue à 59,3 % du PIB en 2024, reste en dessous du seuil communautaire de 70 % fixé par l’UEMOA.
Selon plusieurs analystes, les investisseurs réévaluent leurs priorités en Afrique subsaharienne. Des économies comme le Ghana, confronté à une restructuration de sa dette, ou le Nigeria, sous pression sur ses réserves de change, ont connu des turbulences récentes. Dans ce contexte, la stabilité macroéconomique ivoirienne apparaît comme un facteur différenciant.
L’incertitude politique liée à la présidentielle du 25 octobre 2025 a également été dissipée après la réélection d’Alassane Ouattara. Le 12 décembre suivant, Fitch Ratings a relevé la note souveraine du pays de BB- à BB, à un cran du statut « investment grade », confirmant un profil de risque jugé faible à modéré.
À l’échelle continentale, seule le Maroc affiche une notation supérieure (BB+), tandis que la Côte d’Ivoire devance désormais l’Afrique du Sud et la Namibie en Afrique subsaharienne.
Par ailleurs, Abidjan poursuit la diversification de ses sources de financement. En juillet 2025, le pays est devenu le premier d’Afrique subsaharienne à émettre un samouraï bond à la Bourse de Tokyo, levant 50 milliards de yens à un taux attractif de 2,3 % sur dix ans.
La Côte d’Ivoire explore également les opportunités offertes par la finance islamique. Après avoir mobilisé 300 milliards de francs CFA entre 2014 et 2016 via des sukuks souverains, le pays réaffirme son ambition de se positionner comme un hub régional en la matière.
Dans un environnement international marqué par la prudence, la signature ivoirienne confirme ainsi son attractivité et sa crédibilité sur les marchés financiers.



