L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire ouvre une nouvelle séquence législative décisive. Réunis le mercredi 21 octobre 2026, les députés ont adopté à l’unanimité le calendrier de la deuxième session ordinaire de l’année, qui s’étendra jusqu’au 31 décembre. Au programme : 12 projets de loi, les budgets de l’État et des questions sociales sensibles, notamment les déguerpissements, les indemnisations et le recasement des populations affectées.
Le Parlement ivoirien entre dans une nouvelle phase de ses travaux. Sous la présidence de Patrick Achi, les députés ont validé, mercredi 21 octobre 2026, le calendrier de la deuxième session ordinaire de l’année, ouvrant ainsi la voie à plusieurs semaines d’examen de textes législatifs et de débats sur les préoccupations des citoyens.
Adopté à l’unanimité, ce calendrier prévoit l’examen de 12 projets de loi, dont quatre projets de loi ordinaires et huit projets de loi portant ratification d’ordonnances. Les travaux se poursuivront jusqu’au 31 décembre prochain, avec une première période consacrée à l’examen des textes par les groupes parlementaires, du 22 octobre au 3 novembre.
Budget 2027 et règlement du budget 2025 en ligne de mire
Parmi les principaux dossiers inscrits à l’ordre du jour figurent deux textes majeurs pour la gestion des finances publiques : le projet de loi portant règlement du budget de l’État pour l’exercice 2025 et le projet de loi de finances relatif au budget de l’État pour l’année 2027.
Ces textes constituent des étapes importantes dans le contrôle de l’exécution budgétaire et l’examen des orientations financières de l’État.
Le calendrier prévoit également trois séances d’information. La première est sollicitée par le Médiateur de la République. Les deux autres s’inscrivent dans le cadre des dispositions régissant la Cour des comptes et le Conseil national des droits de l’homme.
Le calendrier a toutefois été adopté sous réserve de la prise en compte des observations formulées par les députés, notamment au sujet de l’inscription du projet de loi portant Code pénal.
Cinq propositions de loi déposées au Parlement
Au cours des communications générales, Patrick Achi a annoncé le dépôt de cinq propositions de loi auprès de l’Assemblée nationale.
La première, portée par le député Adja Alain-François, concerne l’aménagement urbain concerté, la prévention des risques, la protection des populations affectées, la résorption de l’habitat précaire et le développement de l’habitat social.
Les quatre autres propositions ont été déposées par le député Blessy Jean-Chrysostome, au nom du groupe parlementaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Leur contenu n’a pas été précisé lors de la séance.
Ces initiatives viennent enrichir les dossiers soumis à l’attention des élus au cours de cette deuxième session ordinaire.
Déguerpissements : indemnisations et recasement au centre des préoccupations
Au-delà des textes législatifs et budgétaires, les conséquences sociales des opérations de déguerpissement devraient également alimenter les débats parlementaires.
Le président du groupe parlementaire PDCI-RDA, Me Blessy Jean-Chrysostome, a sollicité une question orale avec débat sur les engagements du gouvernement en matière de recasement, d’indemnisation et d’accompagnement social des populations touchées par les opérations menées en 2024 et 2025.
De son côté, la députée Adjaratou Traoré, épouse Coulibaly, a demandé l’ouverture d’un débat sur les déguerpissements intervenus à Koumassi Campement le 3 juin 2026.
Ces démarches visent à porter devant la représentation nationale les préoccupations des populations concernées et à interroger les mesures d’accompagnement mises en œuvre à la suite de ces opérations.
Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, les demandes de questions orales avec débat ont été transmises au président de la République.
Patrick Achi appelle les députés à répondre aux attentes des populations
À la clôture de la séance, le président de l’Assemblée nationale a invité les députés à s’impliquer pleinement dans les travaux programmés et à relayer les préoccupations des citoyens.
Patrick Achi est notamment revenu sur les tournées effectuées par les élus dans les hameaux, les campements, les villes et les autres localités du pays, à l’occasion de la restitution des travaux de la première session ordinaire.
Ces rencontres ont permis de recueillir diverses doléances dont les populations attendent désormais des suites concrètes.
Pour les députés, l’enjeu est donc double : examiner les textes soumis à leur appréciation et assurer un suivi effectif des préoccupations exprimées sur le terrain. Il s’agit notamment de pouvoir rendre compte aux citoyens des réponses apportées à leurs attentes.
Avec l’adoption de ce calendrier, la deuxième session ordinaire de 2026 s’annonce ainsi marquée par des enjeux budgétaires, législatifs et sociaux. D’ici au 31 décembre, l’examen des 12 projets de loi et les discussions autour des déguerpissements, des indemnisations et du recasement constitueront des points majeurs de l’activité parlementaire.
Au-delà des textes votés, les attentes sont désormais tournées vers les réponses qui seront apportées aux préoccupations des populations.



