Après le Groenland, l’Alberta.
L’administration Trump semble avoir trouvé un nouveau laboratoire géopolitique, cette fois au cœur même du Canada. Riche en pétrole, traversée par un puissant courant séparatiste, la province de l’Ouest canadien attire désormais les regards insistants de Washington, bien décidé à fragiliser Ottawa et son nouveau Premier ministre, Mark Carney.
La question, jadis cantonnée aux cercles trumpistes les plus radicaux, circule aujourd’hui de plus en plus ouvertement :
👉 Et si l’Alberta devenait le 51ᵉ État américain ?
Carney dans le viseur de Trump
Le climat s’est brusquement tendu ces dernières semaines. À Davos, Mark Carney a frappé fort avec un discours frontalement anti-Trump, salué par une standing ovation. Quelques jours plus tôt, Ottawa avait également relancé le dialogue commercial avec la Chine, rompant des années de relations glaciales.
Deux gestes lourds de symboles, qui ont fait bondir le camp Trump.
Dans la foulée, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, proche de l’ex-président américain, a lâché une déclaration explosive au même forum :
« L’Alberta est un partenaire naturel pour les États-Unis. Les Albertains sont très indépendants. Ils pourraient tenir un référendum pour décider s’ils veulent rester au sein du Canada ou non.
Je pense que nous devrions les laisser se joindre aux États-Unis. »
Le message est limpide : souffler sur les braises du séparatisme pour affaiblir le Canada.
Une province riche… et en colère
En Alberta, le malaise est réel. Depuis des mois, une pétition circule pour forcer l’organisation d’un référendum sur la sécession. Les militants dénoncent un « pillage économique » par le fédéral.
Le cœur du ressentiment : les ressources naturelles.
Charbon, gaz, mais surtout pétrole. L’Alberta produit à elle seule plus de 90 % du pétrole canadien, redistribué ensuite à l’échelle fédérale selon un système jugé profondément injuste par les indépendantistes.
Des figures très “MAGA”
Deux hommes incarnent cette fronde : Mitch Sylvestre, homme d’affaires, et Jeff Rath, avocat. Leur discours, résolument nationaliste, flirte avec une rhétorique très inspirée du trumpisme.
Jeff Rath ne cache pas son hostilité envers Ottawa :
« Quand Mark Carney était en Chine, il a parlé d’alliance stratégique et de nouvel ordre mondial. Personne ne veut ça en Alberta. »
Puis d’ajouter, dans un ton quasi messianique :
« Qui veut être l’esclave du Forum économique mondial ? Nous sommes un peuple libre. Personne ne veut être l’esclave de Davos. »
Des propos qui résonnent fortement avec la galaxie politique de Donald Trump.
Indépendance… ou intégration aux États-Unis ?
Derrière le rêve d’indépendance, certains observateurs voient une autre finalité : l’absorption pure et simple de l’Alberta par les États-Unis.
Jeff Rath affirme même que des discussions seraient en cours avec des institutions financières de Washington pour mobiliser une ligne de crédit de 500 milliards de dollars, destinée à « accompagner la transition ». Un montant colossal, qui souligne l’intérêt stratégique et énergétique majeur de Washington pour la région.
Une ingérence nouvelle génération
Pas de chars, pas de marines, pas de coup d’État.
Cette fois, la méthode est plus subtile : exploiter les fractures internes, encourager le ressentiment, affaiblir un adversaire de l’intérieur.
Pour les stratèges trumpistes, la bataille de l’Alberta est avant tout politique et économique. Et elle pourrait bien devenir le prochain grand coup silencieux de Donald Trump sur l’échiquier mondial.
🔴 Au cœur du Canada, l’ingérence pourrait déjà avoir commencé.



