Face aux rumeurs et à la pression internationale, Abidjan verrouille la filière et maintient le prix à 2 800 FCFA/kg.
La Côte d’Ivoire ne lâchera pas ses planteurs. Alors que les inquiétudes montent dans les zones de production et que certaines spéculations agitent les médias internationaux, le Gouvernement ivoirien monte au créneau. Ce mardi 20 janvier, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Kobenan Kouassi Adjoumani, a livré un message clair : les producteurs seront protégés, quoi qu’il en coûte.
2 800 FCFA/kg : un prix verrouillé jusqu’à la fin de la campagne
Le ministre a été catégorique : le prix bord champ de 2 800 FCFA le kilogramme reste intangible jusqu’au 30 mars, date de clôture de la campagne principale cacao 2025-2026.
« Le Gouvernement reste fermement engagé à garantir ce prix aux producteurs », a martelé Kobenan Kouassi Adjoumani.
123 000 tonnes stockées, l’enlèvement en cours
À ce jour, environ 123 000 tonnes de cacao étaient stockées dans les zones de production, avec une forte concentration à Duékoué. Ces volumes sont progressivement enlevés, grâce à un dispositif opérationnel capable de traiter 21 000 tonnes.
Contrairement aux rumeurs alarmistes, la commercialisation se poursuit normalement, a assuré le ministre, soulignant que même certains médias internationaux reconnaissent désormais les efforts financiers de l’État ivoirien.
280 milliards FCFA prêts à être mobilisés
Le chiffre est fort. Si l’État devait racheter 100 000 tonnes de cacao, après déduction des volumes déjà écoulés (environ 23 000 tonnes), le besoin de financement s’élèverait à près de 280 milliards de francs CFA.
👉🏾 Ces ressources seront mobilisées sous forme de crédits bancaires, en lien avec les banques, sous la coordination du Conseil Café-Cacao (CCC).
👉🏾 Objectif : stabiliser les prix et sécuriser les revenus des producteurs, grâce au mécanisme éprouvé des ventes anticipées.
À ce jour, plus de 85 % de la production nationale a déjà été vendue par anticipation, garantissant le maintien du prix officiel.
Pas de libéralisation, pas de bradage
Le ministre d’État a été sans détour : une libéralisation totale aurait fait chuter le prix bien en dessous du seuil fixé par l’État. Une option volontairement rejetée par le Gouvernement.
« Le Président de la République a donné des instructions claires : les moyens nécessaires seront mobilisés », a-t-il insisté, rappelant que des mécanismes similaires ont déjà fait leurs preuves dans la filière Coton-Anacarde.
Reçus, acheteurs véreux : l’État serre la vis
Sur la question sensible des dépôts-vente, le ministre a rappelé une règle non négociable : tout reçu doit être porté à la connaissance du Conseil Café-Cacao.
Si des documents ont été délivrés hors circuit officiel, des enquêtes sont en cours. Grâce aux représentants régionaux du CCC et à l’Interprofession Café-Cacao, les producteurs concernés sont recensés. Les acheteurs indélicats seront contraints d’honorer leurs engagements, stock évacué ou non.
Pressions, frontières, fraude : tolérance zéro
Kobenan Kouassi Adjoumani a dénoncé les tentatives de certains acheteurs visant à faire pression sur les producteurs, en brandissant des prix plus bas pratiqués dans des pays voisins (parfois 2 000 FCFA/kg, contre 2 800 FCFA en Côte d’Ivoire).
👉🏾 Ces pratiques sont illégales.
👉🏾 La surveillance aux frontières est renforcée.
👉🏾 Des comités locaux signalent les contrevenants.
Mais le message est clair : un producteur qui brade volontairement son cacao ne pourra prétendre à une compensation de l’État.
Camions au port : les chiffres rétablis
Concernant les rumeurs de centaines de camions bloqués au port, le ministre a remis les pendules à l’heure :
🔹 102 camions identifiés, dont 62 sans documents de connaissance
🔹 Aucun lien automatique avec la fraude, une enquête est en cours
🔹 Près de 300 camions entrent chaque jour au port : ces chiffres ne perturbent pas la commercialisation
Message final : fermeté et sérénité
En conclusion, le ministre d’État a réaffirmé que tout opérateur en règle travaillera normalement, tandis que les contrevenants devront se conformer strictement à la réglementation.
Un message fort, rassurant et stratégique, destiné aux producteurs, aux acheteurs et aux partenaires internationaux :
👉🏾 Le modèle ivoirien tient bon.
👉🏾 Le cacao ivoirien est protégé.
👉🏾 Les producteurs ne seront pas sacrifiés. 💪🏾🍫🇨🇮



