Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) traverse l’une des plus graves crises internes de son histoire. À un mois des législatives du 27 décembre, la formation politique fondée par Laurent Gbagbo se déchire entre décisions contradictoires, sanctions en cascade et ambitions personnelles qui explosent au grand jour. Une tempête politique qui révèle une vérité brutale : le parti de Gbagbo est en pleine guerre de succession.
🔥 Un boycott qui met le feu aux poudres
Tout part de la réunion du comité central du 6 novembre. Officiellement, le parti décide de boycotter les législatives. Officieusement, la décision est loin d’être unanime :
Le Conseil stratégique et politique voulait participer.
Le secrétariat général et le comité central penchaient pour le boycott.
Et Laurent Gbagbo lui-même n’était pas entièrement d’accord avec la version du communiqué présenté.
Pire encore : le communiqué final — celui qui annonçait le boycott — aurait été publié sans la validation du président, avant même la fin de la réunion. Une fuite précipitée qui a mis le parti en ébullition.
⚡ Sanctions historiques : 22 cadres décapités en un jour
Le 19 novembre, la direction frappe fort : 22 cadres, dont des députés sortants et plusieurs maires, sont révoqués pour avoir ignoré le mot d’ordre de boycott.
Le lendemain, c’est le bureau exécutif national de la Ligue des jeunes qui est entièrement dissous.
Le message est clair : la dissidence ne sera pas tolérée.
Mais derrière ces sanctions, c’est tout un appareil politique qui s’effondre.
🔍 Des cadres affirment avoir reçu le feu vert de Gbagbo
Plusieurs responsables sanctionnés jurent avoir reçu des instructions contraires au boycott.
Selon eux :
Gbagbo avait demandé à ses cadres de préparer leurs dossiers de candidature.
Certains dossiers étaient même déjà déposés avant la décision officielle.
Deux communiqués auraient circulé, avec des versions différentes, signe d’un profond malaise interne.
Ces contradictions montrent que le parti navigue à vue… et que le leadership de Gbagbo n’est plus aussi incontestable qu’avant.
🎙️ Dano Djédjé monte au créneau
Face à la cacophonie, Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, assume la ligne officielle :
« Le comité central a tranché : le parti n’ira pas aux législatives. Je ne fais qu’appliquer les décisions de Gbagbo. »
Il reconnaît néanmoins avoir lui-même demandé aux cadres de se tenir prêts à déposer leur candidature avant la décision finale.
Une communication qui illustre encore une fois le manque de cohérence interne.
🎭 Derrière la crise, une bataille féroce pour la succession de Gbagbo
Laurent Gbagbo a 80 ans. Il est inéligible à la présidentielle.
La réalité est simple : le PPA-CI doit préparer l’après-Gbagbo.
Et cette perspective a ouvert une guerre interne d’une rare intensité.
Trois noms se détachent :
Justin Koné Katinan, l’idéologue
Hubert Oulaye, le technocrate puissant
Jean Gervais Tcheidé, l’ambitieux discret
Selon des cadres du parti, certains poids lourds auraient même freiné la participation aux législatives afin de mieux verrouiller le terrain de la succession.
La base, elle, reste profondément attachée à Gbagbo, ce qui complique encore plus les manœuvres internes.
🧨 Un parti au bord de l’implosion
Derrière le boycott des législatives se cache un parti fracturé, un leadership contesté, des ambitions qui s’entrechoquent et une succession qui s’annonce brutale.
Ce qui devait être une simple décision stratégique s’est transformé en crise existentielle.
Le PPA-CI joue désormais sa survie politique :
Rester uni derrière Gbagbo ?
Ou exploser sous le poids des ambitions personnelles ?
Une chose est sûre : la crise des législatives 2025 restera dans l’histoire comme un tournant majeur pour le parti de Laurent Gbagbo.



