C’est une information passée presque inaperçue… mais qui bouleverse soudain la carte humanitaire ivoirienne. La Côte d’Ivoire vient d’accorder le statut officiel de réfugiés à plus de 69 000 Burkinabè et 1 500 Maliens, selon un tableau de bord technique discrètement mis en ligne le 20 novembre par le HCR et la Daara, l’organisme national chargé de l’aide aux réfugiés.
Un simple document, sans conférence de presse ni annonce solennelle… mais un tournant majeur. Le pays, qui ne comptait que 2 500 réfugiés jusqu’ici, en accueille désormais près de 80 000.
Une décision fondée sur un arrêté interministériel signé le 2 juillet 2025, jamais médiatisé, mais bel et bien publié au Journal officiel.
Ces nouveaux réfugiés sont des familles ayant fui les violences persistantes dans le sud du Burkina Faso et du Mali, arrivées dans le nord de la Côte d’Ivoire depuis mai 2021.
Un cadre du HCR salue une avancée « longtemps attendue » : ces personnes pourront désormais obtenir des papiers d’identité, des passeports spéciaux et circuler plus facilement. En réalité, la loi ivoirienne de 2023 leur garantissait déjà le droit de travailler, mais cette reconnaissance officielle lève les dernières zones grises administratives.
La Daara aura désormais la lourde tâche de mettre en œuvre les programmes humanitaires destinés à ces nouveaux réfugiés. Le statut ouvre aussi la porte, en théorie, à des retours volontaires assistés vers leurs pays d’origine — une option encore très difficile, vu la crise sécuritaire qui ravage toujours le Sahel.
En silence, mais avec force, la Côte d’Ivoire envoie un signal : Abidjan assume désormais son rôle de terre d’accueil face aux crises régionales.



