Un nouveau rapport de Human Rights Watch jette une lumière crue sur l’ampleur des violences au Burkina Faso. Selon l’ONG, au moins 1 837 civils ont été tués depuis 2023 dans une spirale de brutalité impliquant à la fois les forces pro-gouvernementales et les groupes jihadistes.
🔴 Des chiffres accablants
L’enquête attribue 1 255 morts à l’armée burkinabè et à ses supplétifs, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), dont 193 enfants. En parallèle, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, serait responsable de 582 morts, dont plusieurs mineurs.
Ces violences ont été recensées dans 11 régions à travers 57 incidents documentés, révélant une crise sécuritaire profonde et durable.
⚠️ Des crimes d’une extrême gravité
Pour HRW, la qualification est sans ambiguïté :
👉 “Crimes de guerre” et “crimes contre l’humanité”.
L’organisation s’appuie sur plus de 450 témoignages, recueillis au Burkina Faso et dans plusieurs pays voisins, pour documenter ces exactions. Les récits décrivent des exécutions sommaires, des attaques indiscriminées et des représailles contre des populations civiles accusées de collusion avec l’ennemi.
💥 Des massacres emblématiques
Parmi les épisodes les plus meurtriers :
- 📍 Décembre 2023, région de Djibo : plus de 400 civils tués lors d’opérations attribuées à l’armée et aux VDP.
- 📍 24 août 2024, Barsalogho : au moins 133 civils massacrés par des combattants du JNIM, dont des dizaines d’enfants.
Ces attaques illustrent une réalité alarmante : les civils sont pris en étau entre deux camps, souvent ciblés pour leur supposé soutien à l’un ou l’autre.
🧭 Une responsabilité au sommet de l’État
Le rapport pointe également la responsabilité potentielle des autorités burkinabè. Le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’État de 2022, est évoqué au titre de la responsabilité du commandement.
Plusieurs hauts responsables militaires sont également cités, tout comme des figures jihadistes clés, dont Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa.
⚖️ Appels à une action internationale
Face à la gravité des faits, HRW appelle la Cour pénale internationale à ouvrir un examen préliminaire sur la situation au Burkina Faso. L’ONG exhorte également les partenaires internationaux à suspendre toute coopération militaire susceptible d’alimenter les abus.
🌍 Un pays en crise profonde
Depuis près d’une décennie, le Burkina Faso est confronté à une insurrection jihadiste persistante. Malgré les changements de régime, la situation sécuritaire continue de se dégrader, avec des milliers de morts et des millions de déplacés.
Aujourd’hui, ce rapport met en évidence une réalité inquiétante :
👉 l’extension des violences à des crimes systématiques contre les civils, quel que soit le camp.



